La Chronique Agora

 
Gaz naturel : achetez dès maintenant !

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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 03 Juillet 2009
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*** Les marchés se prennent une grosse claque
Normal, ils ont la tête de l'emploi !

*** Gaz naturel : achetez dès maintenant !
Chris Mayer, en tout cas, l'a inscrit à sa liste de choses à faire...

*** Tout se passe comme prévu
Des politiciens aux consommateurs, tout le monde se comporte comme attendu

*** Après la crise, rechargez vos batteries (2)
La voiture électrique a de belles perspectives devant elle

----------------------------- (publ.)

SUPER-MADOFF !!
Une arnaque faisant 200 fois la taille de celle de Bernie Madoff pourrait exploser dans les mois qui viennent et réduire à néant l'épargne de millions de Français...

... alors que d'autres se retrouveront beaucoup plus riches dans le même temps.

Pour découvrir comment, continuez votre lecture...

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Bonjour,

*** LES MARCHES SE PRENNENT UNE GROSSE CLAQUE

** Nous avions inauguré la Chronique du 2 juillet par cette affirmation quasi prophétique : "Paris avait entamé le premier semestre sur une hausse de 4,1%, le second démarre de façon tout aussi encourageante mais cela ne préjuge en rien d'une continuation du mouvement ascensionnel au-delà du 6 ou 7 juillet"... dont acte puisque le CAC 40 a rechuté de 3,13% hier.

Il efface ainsi avec une déconcertante facilité les 2,5% de gains engrangés la veille pour en terminer très précisément au plus bas du jour, à 3 116 points. Il est peut-être encore trop tôt pour pronostiquer un enfoncement définitif et sans appel du support court terme des 3 120 points car les volumes ne traduisent pas plus que la veille des prises de positions massives -- à la vente cette fois-ci.

Il ne s'est échangé que 2,7 milliards d'euros (contre 2,66 milliards mercredi). Si nous n'avons pas été convaincu par certains aspects techniques du rally haussier marquant l'entame du troisième trimestre 2009, nous ne serons pas davantage impressionné par l'ampleur des écarts à la baisse de jeudi compte tenu de la faible activité globale sur le marché parisien.

Mais la versatilité du marché n'a pas fini de susciter notre étonnement. 39 valeurs du CAC sur 40 avaient clôturé en hausse (sauf Alcatel-Lucent) le 1er juillet ; la totalité d'entre elles s'inscrivaient en territoire négatif ce 2 juillet -- et le même titre Alcatel-Lucent finit lanterne rouge avec une perte de 5,75%. Pernod Ricard et Essilor ont reculé au minimum de 0,9%, Alstom et Carrefour chutaient de 1,15% malgré des nouvelles encourageantes et Crédit Agricole (cinquième du classement) lâchait pas moins de 1,4%.

Cette volte-face tendrait à prouver que le marché se fourvoie parfois dans ses anticipations... mais ce cas de figure est plutôt rare. Nous avons plutôt le sentiment que les 2% gagnés en moyenne par les places européennes mercredi, c'était du bonus, l'heureux effet de réinvestissements en début de semestre.

** Les achats initiaux n'ont d'ailleurs pas été poursuivis ce jeudi, alors même que beaucoup de cours devenaient très bas en fin de séance. Une façon de placer les liquidités à moindre frais pour ceux qui seraient demeurés acheteurs dans l'âme... mais la preuve est faite qu'ils ne sont plus très nombreux !

Nous ne sommes pas sûr qu'il faille compter sur eux pour éviter une rupture à la baisse que nous pressentons comme imminente. Le CAC 40 a échoué une nouvelle fois dans sa tentative de débordement des 3 200 points et rechute précisément sur les 3 116 points, c'est-à-dire au contact de son plancher de clôture du 23 juin dernier.

Il pourrait s'agir d'une belle opportunité de rebond en direction des 3 220 points. Cependant, les indicateurs de force relative du marché parisien invitent à faire preuve de la plus grande prudence.

Tous les éléments techniques à notre disposition plaident sans ambiguïté en faveur de la confirmation d'un mouvement de correction en direction des 3 000/3 025 points dans un premier temps, puis 2 840 points à un horizon plus éloigné -- mettons fin juillet.

Il existe très peu de cas où le CAC 40 ait échappé à une rupture baissière alors qu'une "tête/épaules" était aussi parfaitement bien dessinée tandis que la "ligne de cou" (3 100 points en l'occurrence) se trouvait directement menacée.

Cela fait maintenant une bonne quinzaine de jours que le CAC 40 oscillait sans direction entre 3 120 et 3 220 points alors que la tendance sous-jacente moyen terme a cessé d'être haussière dès le 2 juin dernier, il y a très exactement un mois jour pour jour.

** Si le pétrole pouvait constituer un indicateur avancé de l'orientation de Wall Street durant la période estivale, il y a tout lieu de s'alarmer de la rechute de 4% du baril sous les 67 $ jeudi soir sur le NYMEX. Il n'y a pas de "tête/épaules" en vue comme sur le CAC 40 ou le S&P 500 (qui s'apprête à enfoncer les 9 020 points)... mais c'est en réalité bien pire puisque l'or noir vient de matérialiser un splendide triple sommet sous les 73 $.

La cassure du support oblique moyen terme, situé vers 70 $, pourrait préfigurer une rechute jusque sur le palier des 60 $. Cela représenterait une correction classique d'environ 20% qui nous apparaît transposable aux principaux indices de référence américains, asiatiques et européens.

** Le scénario idyllique d'un printemps économique symbolisé par un foisonnement de bourgeons de croissance va devoir être réécrit dans l'urgence si l'on se focalise sur le catalyseur du mouvement de correction qui a marqué la journée de jeudi, c'est-à-dire le rapport mensuel sur l'évolution du marché du travail aux Etats-Unis.

Cette fois-ci, il n'est pas nécessaire de lire entre les lignes comme nous aimons le faire lorsque les marchés s'enferment dans leur bulle pour mieux s'isoler d'une réalité qui a tout pour leur déplaire. L'économie américaine a en effet détruit 467 000 emplois en juin (contre 365 000 à 380 000 anticipés). L'embellie du mois de mai, qui avait dopé les places boursières le 5 juin dernier, tourne court.

Les suppressions de postes ont été beaucoup plus nombreuses que prévu dans le secteur des services : 244 000 contre 107 000 en mai. L'industrie manufacturière vu disparaître 136 000 postes contre 156 000 le mois précédent -- c'est "moins pire" mais l'hémorragie demeure sévère. La construction est à -79 000, l'intérim -118 000... et le plus surprenant, c'est que même le secteur de la santé perd des emplois (-21 000 contre +40 000 en mai).

La seule relative "bonne surprise" provient du taux de taux de chômage : il augmente de seulement 0,1%, à 9,5% contre 9,6% attendus... mais cela reste le total le plus élevé observé depuis août 1983. Depuis le début de la récession en décembre 2007, les Etats-Unis ont perdu 6,5 millions d'emplois et le taux de chômage a plus que doublé.

L'orientation du marché du travail est très négative pour la consommation : le recul de l'emploi en volume (-0,4%) se double d'un recul de la durée moyenne du travail (-0,3%) et d'une stagnation du salaire horaire. La masse salariale versée aux ménages au mois de juin se contracte même de 0,7%... Heureusement que les prestations sociales et les baisses d'impôts ont contrebalancé ce phénomène, sinon les ventes de détail auraient pu dévisser.

Nous vous avions alerté il y a une bonne dizaine de jours sur le fait que les investisseurs n'entendaient plus les bonnes nouvelles : ils ont totalement occulté le rebond de 1,2% des commandes industrielles au mois de mai -- il s'agit pourtant de leur plus forte hausse depuis juin 2008.

La hausse de l'ISM manufacturier n'induit pas encore des embauches d'intérimaires... Du coup, le redressement de l'activité industrielle aux Etats-Unis comme en Europe a toutes les chances de se poursuivre sans rebond de l'emploi à court terme, les multinationales poursuivant leur stratégie de délocalisation de la production et d'externalisation des "fonctions support".

Il se peut également que la prudence l'ait emporté de façon un peu trop brutale en cette veille de long pont de l'Independance Day aux Etats-Unis. Les opérateurs invoquent des perspectives de rebond économique plus chaotiques -- sursaut technique à la mi-2009 avant une rechute en fin d'année -- et plus éloignées dans le temps. Le consensus semble repousser l'échéance d'un an, ce qui confirme le scénario de la reprise en "W" qui nous évoquions lundi.

Philippe Béchade,
Paris

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Chris Mayer vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** GAZ NATUREL : ACHETEZ DES MAINTENANT !

** Maintenant que les cours boursiers sont remontés de 40% par rapport à leur baisse du mois de mars, presque personne ne se rappelle pourquoi on s'inquiétait autant. Par contraste, maintenant que le prix du gaz naturel a chuté de 40% au cours des sept derniers mois, presque personne ne se souvient de ce qui faisait craindre une pénurie d'énergie.

- M. le Marché est sur le point de remédier à cette amnésie collective.

- Les investisseurs vont à nouveau se souvenir des raisons pour lesquelles ils vendaient des actions en mars dernier, et ils vont aussi se souvenir de ce qui les poussait à investir autrefois dans le gaz naturel.

- Les cours boursiers ont gagné du terrain au cours des derniers mois, même si l'économie n'a pas progressé. Les principaux indices sont remontés de près de 40% mais de nombreuses actions ont augmenté bien plus que ça. 17 des 33 actions que j'ai recommandées à mes lecteurs ont gagné plus de 50% depuis les baisses du mois de mars. Huit ont augmenté de plus de 100% et une de plus de 200%.

- Des rebonds importants tels que celui-ci n'ont rien d'inhabituel, même dans le pire des marchés. Vous avez certainement déjà lu quelque part que la Bourse est remontée de 41% au début des années 30, après le krach de 1929. Mais ce rebond n'a rien donné, la Bourse est retombée encore plus bas, et a lutté pendant des années pour s'en remettre.

- Je ne dis pas que nous sommes en train de revivre 1930, mais je préfère vous mettre en garde contre l'excès de confiance. Les investisseurs devraient couvrir leurs positions après ce rebond récent... et devraient s'aménager une marge de sécurité. Je pense que le gaz naturel peut être un bon créneau dans lequel s'abriter.

** Pour dire les choses simplement, le gaz naturel est super bon marché. La plupart des autres matières premières -- y compris le pétrole -- sont remontées, mais le gaz naturel est resté embourbé. En effet, le ratio prix du brut/prix du gaz naturel a atteint 18/1 récemment, un ratio que l'on n'avait plus vu depuis 1990.

- Le pic de ce ratio est dû à deux facteurs simples : les prix du pétrole augmentent, les prix du gaz n'augmentent pas. Les cours de ces deux sources d'énergie ont généralement tendance à se suivre de près. Mais les prix du pétrole et du gaz naturel ont divergé de façon radicale ces six derniers mois.

- Cette tendance a fortement déplu aux producteurs de gaz naturel, ainsi qu'à ceux qui ont investi dans les actions du gaz naturel. Dans ce marché, où presque tout se reprend, les actions de la plupart des entreprises productrices de gaz naturel n'ont manifestement pas bougé. Mais le passé n'est pas forcément un prologue. Je n'ai pas vu de meilleure occasion d'acheter des actions du gaz naturel depuis de nombreuses années.

- Permettez-moi de vous expliquer tout ça avant que vous ne cliquiez sur la touche "effacer" pour cet e-mail.

- Les prix du gaz naturel devraient remonter, et ce pour deux raisons :

1. Les recherches de gaz naturel sont rapidement réduites, ce qui va mener à une pénurie.
2. La politique écologique va créer une importante nouvelle demande en gaz naturel.

- Commençons par reconnaître que le prix du gaz naturel a chuté parce qu'il y en avait trop. Nous sommes en récession, après tout. La demande industrielle en gaz naturel a chuté, elle a même traversé le plancher, et se retrouve maintenant à la cave. Mais la technique pour lutter contre les prix bas, ce sont les prix bas.

- Les producteurs diminuent la production, et donc l'offre. Le nombre de forages a décliné. Il a chuté plus rapidement qu'en 1981/82, la pire baisse depuis la Grande Dépression -- laquelle, aujourd'hui encore, fait frissonner les anciens producteurs de gaz naturel. Pendant ce temps, les taux de diminution du gaz de schiste -- qui a tant participé à l'offre de gaz ces dernières années -- vont de 60% à 75% -- ce qui signifie que le flux de gaz venant de ces puits va chuter d'autant durant la première année.

** Autre point : le coût marginal de production de gaz naturel, pour la grande majorité de producteurs de gaz naturel, se situe quelque part entre 6 $ et 8$ les 30 000 m3.

- Les coûts de production sont un repère important pour les prix du gaz naturel. Le prix du gaz naturel dépend généralement du "coût décaissé" de la production. Aucun producteur ne fait de bénéfices en dessous des coûts décaissés. Donc l'offre chute. Inversement, quand les prix du gaz gravitent autour du coût de production marginal, l'offre augmente, et met donc une certaine pression sur les prix.

- En ce moment, le prix spot du gaz naturel est en dessous des 4 $ -- juste au niveau des "coûts décaissés" de l'industrie, mais bien en dessous des coûts marginaux. En résumé, l'offre en gaz naturel va bientôt diminuer.

- Prenez de l'avance ; achetez des valeurs du secteur du gaz naturel dès maintenant.

[NDLR : Notre spécialiste des matières premières, Sylvain Mathon, n'a pas attendu le déclin des cours pour s'intéresser au gaz naturel. Il a déjà une belle valeur du secteur en portefeuille... et nul doute qu'il se positionnera sur d'autres titres tout aussi prometteurs dans les semaines et les mois qui viennent : pourquoi ne pas l'accompagner sur la voie des profits ? Il suffit de continuer votre lecture...]

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** TOUT SE PASSE COMME PREVU

** Tout se déroule exactement comme nous le pensions. Le marché boursier se comporte comme attendu. L'économie est sur les rails. Même les politiciens font ce qu'ils pensaient faire.

* Commençons avec le plan de relance/renflouage/usines à gaz/sottises. Comme prévu, il a échoué. C'est-à-dire que l'économie empire, au lieu d'aller mieux. Le plan n'a pas réussi le test que lui imposaient ses propres créateurs. A l'époque où l'équipe Obama présentait ses arguments pour une loi sur la relance économique, elle avertissait que sans renflouage, le chômage américain dépasserait les 8% en 2009. "Approuvez cette loi aujourd'hui", déclarait Ben Bernanke à peu de choses près, "sans quoi il n'y aura peut-être pas de lendemain pour l'économie américaine".

* Le Congrès américain s'est donc diligemment mis à la tâche : il a ajouté quelques fantaisies au projet de loi, puis l'a approuvé. Nous voilà à la mi-2009, et le taux de chômage atteint déjà 9,4%.

* Il était évident, même à l'époque, que les ronds-de-cuir de l'administration n'avaient pas la moindre idée de ce qui était en train de se passer. Il ne faisaient que deviner ce que ferait l'économie et profiter de la situation pour distribuer encore plus d'argent que les contribuables n'avaient même pas encore gagné.

* Comme prévu, les dépenses n'ont pas amélioré les choses ; en fait, elles les ont probablement aggravées -- en retardant le processus de destruction, et par conséquent le processus de reconstruction créative également.

* Nous nous souvenons de notre autre prévision : lorsque le renflouage échouera, ils en trouveront un autre. Et donc, dans le New York Times cette semaine, on trouvait David Leonhardt poussant les politiciens à commettre des actes encore plus absurdes :

* "L'économie pourrait vraiment avoir besoin de plus d'aide", dit-il.

* Oui, elle aura besoin de plus d'aide. Surtout si on lui inflige sans arrêt le genre d'aide qu'on lui donne actuellement.

* Le marché boursier agit plus ou moins comme nous le pensions, lui aussi. Le grand rebond a commencé le 9 mars. Il dure depuis près de quatre mois, maintenant ; il devrait approcher son sommet... et commencer à retomber. Il suffit de regarder un graphique du Dow depuis mars -- c'est exactement ça. Comme un boulet de canon, les cours ont grimpé... et leur courbe semble désormais s'incurver pour retomber sur le sol.

** Et il y a les faillites personnelles ! Selon le Los Angeles Times, le taux de faillites personnelles grimpe en flèche en Californie du Sud.

* En avril, selon David Rosenberg, de Gluskin Sheff, les autorités ont injecté 121 millions de dollars (annualisés) de stimulants dans l'économie de consommation -- notamment en réductions fiscales et en augmentations des allocations. En mai, les mesures de relance s'élevaient au total à 163 millions de dollars. Pourquoi tant de faillites alors que les autorités distribuaient tant d'argent ?

* La réponse, déclare Rosenberg, c'est que les consommateurs ne dépensaient pas l'argent ; ils l'épargnaient. Les dépenses de consommation ont augmenté d'un milliard de dollars en avril seulement -- en dépit des 121 milliards de stimulants. En mai, elles ont grimpé de 25 milliards, malgré une "relance" se montant à six fois cette somme.

* Pendant ce temps, le taux d'épargne américain, qui n'était que de 0,2% en mars 2008, a explosé à près de 7% en mai 2009.

* Pas de dépenses de consommation, pas de ventes. Pas de ventes, pas de revenus. Pas de revenus... pas de continuation de l'activité.

* Pas d'entreprises, pas de nouveaux emplois. Pas de nouveaux emplois, pas de reprise économique.

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*** La Chronique Agora présente ***

Jean-Claude Périvier faisait hier un rapide tour d'horizon sur l'intérêt grandissant porté aux voitures électriques un peu partout dans le monde -- aujourd'hui, il nous en dit plus sur le marché lui-même, ses perspectives, et surtout un secteur d'activité bien placé pour profiter de cet engouement écologique...

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APRES LA CRISE, RECHARGEZ VOS BATTERIES -- 2ème PARTIE
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Par Jean-Claude Périvier (*)

En attendant la pole position
Qu'en est-il donc du marché des voitures électriques ? Il est à vrai dire encore balbutiant, et progressera par étapes. Ainsi, plusieurs entreprises (Vinci, Veolia, France Télécom, La Poste...) ont conclu un accord pour un achat groupé de 100 000 véhicules sur cinq ans. Ce projet est suivi de près par le gouvernement. Le secrétaire d'Etat Luc Chatel s'intéresse en effet au dossier afin d'assurer une industrialisation rentable.

Le rôle des pouvoirs publics est d'ailleurs essentiel, car il faut prévoir les infrastructures pour recharger les batteries. L'opération est d'envergure, parce qu'il faut des normes communes, une standardisation, le tout dans un contexte européen. Les Etats-Unis ne sont pas en reste dans cette préoccupation, qui pourrait s'inscrire dans les plans de relance dédiés aux infrastructures.

Un million de Toyota Prius se sont vendues dans le monde l'année dernière. Un vrai succès pour cette voiture hybride, la seule réellement à s'imposer à l'heure actuelle. Le débat qui a fait rage entre partisans de véhicule hybrides et ceux du tout électrique semble aujourd'hui un peu dépassé. Il est probable que les deux types cohabiteront mais avec des finalités différentes, le tout électrique étant plutôt réservé aux citadines.

Reste que le marché américain est toujours le leader, et l'accélération pour les véhicules électriques ou hybrides vient de la politique de l'administration Obama, favorisant délibérément les énergies propres et donc les véhicules verts du futur proche.

Le point de passage obligé
Vous l'avez compris, tous ces véhicules ont un point commun : celui de nécessiter une batterie, la plus performante possible. Hormis les composantes d'habitacle et de confort, c'est la qualité de la batterie qui fera la différence et qui influencera le choix des acheteurs.

Bien évidemment, quand on parle de source continue d'énergie, il existe plusieurs sortes de batteries, suivant l'application que l'on en fait : batteries pour téléphones, pour ordinateurs portables, ou batteries du futur pour stocker l'électricité produite par les énergies renouvelables, solaires ou éoliennes. Disposer de ce dernier type de batteries est la préoccupation des fournisseurs de réseaux électriques, comme ABB, que nous avons déjà mis en portefeuille.

Actuellement, les faveurs des industriels vont aux batteries lithium-ion, qui ont l'avantage d'un faible poids, ce qui est un élément important pour une automobile.

Qu'est-ce que le lithium-ion ?
Des piles au lithium sont utilisées depuis de nombreuses années dans les différentes applications grand public. Mais l'utilisation du lithium-métal avec des électrolytes liquides dans des batteries pose des problèmes en nombre de cycles d'utilisation et en sécurité d'usage. Les industriels ont donc conçu les batteries au lithium des appareils électroniques grand public à base d'ions lithium insérés dans un autre matériau : les problèmes mentionnés précédemment sont partiellement évités au détriment de l'énergie spécifique (Wh/kg).

Le groupe Bolloré, à travers sa filiale Batscap, s'est démarqué par une innovation qu'il est le seul à promouvoir : la batterie LMP (Lithium Métal Polymère). Sans entrer dans les détails techniques, c'est une batterie totalement recyclable, solide, dont l'électrolyte est un polymère solide conducteur des ions lithium. Les recherches menées permettent au groupe d'estimer que cette nouvelle batterie stocke cinq fois plus d'énergie qu'une batterie traditionnelle, à poids équivalent.

Qui l'emportera dans cette course à l'énergie propre ? En tout cas, les recherches vont bon train dans le monde entier. Et les industriels français se démènent bien dans cette course pour disposer des technologies les plus prometteuses. La société que j'ai recommandée ce mois-ci à mes lecteurs en fait partie... alors n'attendez pas pour la découvrir !

Meilleures salutations,

Jean-Claude Périvier
Pour la Chronique Agora

(*) Parallèlement à sa carrière dans le conseil aux entreprises et l'intelligence économique, Jean-Claude Périvier s'intéresse à la Bourse et à l'investissement depuis 1986. Analyste de talent, il excelle à détecter et anticiper les tendances futures... pour en déduire les meilleures opportunités de gain dans sa toute nouvelle lettre d'information, Défis & Profits.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2008
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